Addictologie

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Informations pratiques

Le service d’addictologie est situé au niveau -3, secteur jaune du bâtiment F.

Consultations

Dr Marie-Chris­tine Fagnen-Sylvaire
Tous les lundis, de 8 h 30 à 14 h
Tous les mardis, de 9 h 30 à 14 h 30
Tous les jeud­is, de 10 h à 14 h

Dr Chris­tine Faivre
Tous les lundis, de 12 h à 16 h
Tous les mer­cre­dis, de 9 h à 13 h

Mme Chris­tine Dupré (infir­mière)
Du lun­di au ven­dre­di, de 10 h à 12 h

Prendre rendez-vous

Contactez le secrétariat, de 9 h à 17 h, au 01 46 25 28 13 pour prendre rendez-vous.

Addictologie

L’addictologie est une spé­cial­ité médi­cale con­sacrée à l’étude et à la prise en charge des addic­tions, c’est-à-dire des dépen­dances physiques et psy­cho-com­porte­men­tales à des pro­duits tels que tabac, alcool, drogues, médicaments…

Le médecin addic­to­logue a pour rôles l’évaluation, le traite­ment et le suivi des per­son­nes présen­tant des addic­tions, ain­si que d’agir pour la prévention.

Le ser­vice d’addictologie de l’Hôpital Foch rem­plit ces mis­sions avec bien­veil­lance et dans un esprit de col­lab­o­ra­tion avec ses patients.

Interview

Dr Marie-Christine Fagnen-Sylvaire, médecin coordonnateur.

Quelle est l’activité du service d’addictologie ?

Dr Marie-Christine Fagnen-Sylvaire : Les domaines d’intervention de notre service, très variés, impliquent tout d’abord une activité de liaison. Au sein des différents services de l’hôpital, nous voyons les patients ayant une addiction, à leur demande ou à la demande des spécialistes, pour discuter d’une éventuelle prise en charge. Les services avec lesquels nous travaillons en synergie sont les urgences, avec notamment la problématique de l’alcool, la cardiologie, pour les complications liées au tabac, mais aussi la pneumologie et la médecine interne. Nous collaborons également avec la psychiatrie, car des comorbidités sont souvent présentes dans les cas d’addiction avec des pathologies psychiatriques associées. En second lieu, nous effectuons des consultations externes d’addictologie, consistant à prendre en charge des patients adressés soit par les spécialistes de l’hôpital, soit par leur médecin traitant, par des spécialistes libéraux, par leur médecin du travail ou encore par leur pharmacien. Les patients que nous recevons viennent parfois d’eux-mêmes, grâce à notre réputation auprès des différents acteurs de santé libéraux des environs. Lors de ces consultations externes, nous traitons essentiellement les addictions liées à l’alcool, au tabac, au cannabis, à la cocaïne. Les addictions sans produit ou les addictions aux opioïdes ne sont pas prises en charge dans notre service. Dans ces cas précis, nous réorientons les patients vers d’autres centres comme les CSAPA (Centre de soins et d’accompagnement et de prévention en addictologie).

Vous avez également instauré une activité de prévention grand public. Que faites-vous en ce sens ?

Dr Marie-Christine Fagnen-Sylvaire : Nous réalisons des actions aussi bien dans le cadre hospitalier qu’avec la ville de Suresnes. Nous développons aussi de manière considérable la formation à la prise en charge des addictions, notamment à l’intention des infirmières, des sages-femmes, des psychologues. Enfin, nous donnons des cours, et nous recevons régulièrement des stagiaires dans notre service.

Quelle est la différence entre la dépendance physique et la dépendance psycho-comportementale ?

Dr Marie-Christine Fagnen-Sylvaire : Quel que soit le produit, l’addiction comporte trois composantes : la dépendance physique, la dépendance psychique et la dépendance comportementale, les deux dernières étant souvent regroupées en  « dépendance psycho-comportementale ». Selon les produits et les patients, l’une de ces composantes peut être dominante. La dépendance physique est liée à une partie précise du cerveau, la zone dite « de récompense », sur laquelle se trouvent des récepteurs aux produits (nicotine, alcool, cocaïne…). Tous les produits ayant leurs récepteurs attitrés, lorsque l’on prend la substance en question, ces récepteurs sont activés, ce qui entraîne des libérations de médiateurs apportant une satisfaction et un bien-être. Une fois ces récepteurs activés avec un produit précis, la personne dépendante ne pourra pas les stimuler autrement qu’avec cette substance. Cela provoque alors un état de manque, et le patient dépendant reprendra le produit pour éviter cette situation. L’addiction part souvent d’un plaisir, mais finit dans un déplaisir total, puisque l’on ne consomme plus que pour pallier un mal-être. La dépendance comportementale est liée à des comportements, comme des rituels (par exemple : la cigarette au moment du café, la cigarette avec un verre d’alcool, la cigarette liée à la pause, le verre d’alcool bu en rentrant chez soi pour décompresser…). Du fait de ce comportement qui agit comme un signal ou un réflexe primaire, le besoin du produit devient le message principal envoyé par le subconscient. Ce processus étant ritualisé, nous travaillons avec des thérapies comportementales afin de trouver des solutions alternatives à la prise de cette substance addictive. D’un autre côté, la dépendance psychique est plus rattachée à une humeur, positive ou négative, que l’on expérimente à un moment donné. Le plaisir de participer à un évènement festif sera accentué par quelques verres d’alcool, ou alors, en cas de déprime ou de stress, la personne dépendante aura envie de prendre un produit pour aller mieux.

En cas de dépendance physique, quels traitements utilisez-vous ?

Dr Marie-Christine Fagnen-Sylvaire : Nous préférons utiliser des traitements substitutifs, s’ils existent, pour aider ces patients, et nous proposons un objectif d’abstinence, car les récepteurs étant présents, leur réactivation est possible dès la reprise du produit. S’il n’y a pas de traitements substitutifs, nous proposons des traitements adaptés pour pallier les signes de manque.

Lorsqu’il s’agit de dépendances psycho-comportementales, comment intervenez-vous ?

Dr Marie-Christine Fagnen-Sylvaire : Dans ce cas, nous pouvons travailler sur des changements de comportements face à une cognition (soit par rapport à une pensée à certains moments, soit par rapport à un comportement). Dans ces cas, nous pouvons envisager des réductions de risque, et l’abstinence à vie n’est pas forcément obligatoire.

La prise en charge des différentes dépendances nécessite deux approches différentes. Comment se fait le choix de l’accompagnement ?

Dr Marie-Christine Fagnen-Sylvaire : Le choix qui prime est avant tout celui du patient, et non celui du thérapeute. Nous agissons, en premier lieu, en fonction du patient, et nous retravaillons sur les objectifs au fil du temps. L’addiction est une maladie. Les patients ont parfois été mis au ban de la société du fait de cette addiction. La culpabilité qui en découle et le fait de vivre avec cette maladie représentent parfois une double peine. Or, le patient n’est pas coupable, mais seulement malade. Il n’arrivera pas au sevrage avec sa seule volonté, mais la motivation à changer reste primordiale, et d’autant plus dans l’addiction comme dans toute pathologie.

Votre service est très impliqué dans la prévention. Quelles sont vos actions en ce sens ?

Dr Marie-Christine Fagnen-Sylvaire : Nous proposons différentes actions de prévention. Tout d’abord, nous organisons des animations au sein même de l’Hôpital Foch, proposant régulièrement des stands à l’accueil de l’établissement, où nous recevons des patients et surtout leurs proches. Les jeunes étant une population plus à risque de développer des dépendances, nous avons également une activité importante auprès de ces groupes, par des actions à l’intention des collégiens et lycéens et auprès de l’espace jeunesse de Suresnes. Par ailleurs, en lien avec la mairie, nous organisons fréquemment des consultations et des réunions pour les parents de patients, ou pour les Suresnois de manière générale, avec pour thème une addiction donnée, et incluant des échanges et débats.

Au-delà de la simple consultation médicale, vous établissez une véritable collaboration avec vos patients. Comment définir votre approche ?

Dr Marie-Christine Fagnen-Sylvaire : En addictologie, nous agissons véritablement en lien avec le patient, dans l’écoute et dans l’empathie, le but n’étant pas de se mettre à sa place, mais d’interagir avec lui. Il est l’élément central, et nous ne nous présentons pas en position de médecin omniscient face à un patient ignorant. Nous le prenons en compte et travaillons avec lui. La plupart du temps, nous proposons dans un premier temps un travail de réduction du risque. Dans le cas, par exemple, de la survenue d’une pathologie lourde (infarctus, cancer…) en présence d’une addiction, nous travaillons d’abord sur une proposition de diminution de la consommation (tabac, alcool…), puis sur une idée de substitution éventuelle, parce qu’un patient éprouvé psychologiquement par la maladie n’est pas dans les conditions favorables à l’arrêt total. Ainsi, nous construisons un accompagnement pas à pas, pour réduire les risques petit à petit et arriver vers une perspective de sevrage à plus long terme.
L’addiction, par définition, signifie que l’on prend un produit que l’on ne peut s’empêcher de consommer, alors qu’il est délétère, sur le plan médical, bien sûr, mais aussi sur les plans judiciaire, familial, professionnel, financier. La dépendance a souvent un retentissement très large sur la vie quotidienne. Par exemple, beaucoup de patients nous sont envoyés par la justice, des ruptures relationnelles peuvent survenir, etc. Une simple réduction de la consommation d’alcool peut permettre à un patient de se remettre sur les rails de son quotidien, avec beaucoup moins de risques à la fois pour sa santé et pour tous les autres aspects de sa vie. L’objectif final étant la réduction du risque.

Quelles sont les perspectives d’avenir de votre service ?

Dr Marie-Christine Fagnen-Sylvaire : Il s’agit bien sûr de continuer à prendre en charge de manière optimale nos patients, qui ont vraiment besoin de cet accompagnement. Se sortir de l’addiction seul est souvent une gageure, et, après plusieurs échecs, il est souvent bénéfique de trouver des équipes pour aider au sevrage, quel que soit le produit.
Par ailleurs, nous avons développé depuis peu une plateforme de télémédecine nous permettant de proposer à nos patients des téléconsultations. Les patients dans l’impossibilité de se déplacer (période de grèves, maladie temporaire), en congés, dans les cas d’urgence ou de sevrage difficile, peuvent avoir accès à leur médecin addictologue par téléconsultation, via des serveurs fiables et hautement sécurisés, où les données médicales ne seront pas piratées. Ce nouveau mode de consultation est mis en place uniquement pour des patients ayant déjà débuté un suivi en présentiel dans notre service, et ne se substitue pas à un suivi en consultation classique. La téléconsultation constitue un service complémentaire pour certains patients, et représente un outil d’avenir pour les jeunes, qui ont une appétence pour ce type de technologie. La fréquence des consultations à distance est variable et s’adapte aux besoins du patient.
Enfin, nous sommes en train de développer la télé-expertise, puisqu’il est important d’avoir une approche pluridisciplinaire dans le cas des addictions, qui requiert l’intervention de nombreux spécialistes en médecine. Cela nous permet de communiquer avec les différents partenaires autour du patient, notamment son médecin référent (intervenant clé pour le malade), le psychiatre, dans le cas d’une comorbidité psychiatrique, ou encore l’hépatologue, le cardiologue…

Équipe médicale

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