Néphrologie

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Vous pou­vez con­sul­ter un médecin du ser­vice de néphrolo­gie tous les jours, du lun­di au same­di, excep­té les après-midis du mer­cre­di, ven­dre­di et same­di.

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Néphrologie

Ser­vice de néphrolo­gie, hémodial­yse, hyper­ten­sion artérielle et trans­plan­ta­tion rénale.

La néphrolo­gie est la spé­cial­ité médi­cale con­sacrée à l’ensemble des mal­adies rénales sus­cep­ti­bles, lorsqu’elles ne sont pas iden­ti­fiées à temps et traitées de façon appro­priée, d’évoluer vers l’insuffisance rénale chronique, c’est-à-dire l’altération irréversible des fonc­tions phys­i­ologiques des reins.

Les reins sont respon­s­ables de l’élimination quo­ti­di­enne des pro­duits ter­minaux, poten­tielle­ment tox­iques, de notre métab­o­lisme, du main­tien de la com­po­si­tion en eau et en élec­trolytes de notre milieu intérieur, indis­pens­able au bon fonc­tion­nement de nos cel­lules. Ils assurent égale­ment la syn­thèse de plusieurs sub­stances actives très impor­tantes : l’érythropoïétine, qui per­met la fab­ri­ca­tion de nos glob­ules rouges, la vit­a­mine D, qui régule la minéral­i­sa­tion de nos os, et la rénine, qui régule notre pres­sion artérielle.

La perte de ces fonc­tions, au stade ultime de l’insuffisance rénale, est incom­pat­i­ble avec la vie et néces­site la mise en route d’un traite­ment de sup­pléance : la dial­yse, et, chaque fois qu’elle est pos­si­ble, la trans­plan­ta­tion rénale. En France, on estime à plus de 3 mil­lions le nom­bre de per­son­nes atteintes de mal­adie rénale chronique, et à 10 000 chaque année celles qui démar­rent un traite­ment de sup­pléance.

Interview

Dr Michel Dela­housse, néphro­logue — Chef de ser­vice.

De nom­breuses caus­es peu­vent amen­er à con­sul­ter un néphro­logue. Dans quels cas votre ser­vice assure-t-il une prise en charge des patients ?

Dr Michel Dela­housse : De très nom­breuses sit­u­a­tions pathologiques (détail­lées un peu plus loin) peu­vent être asso­ciées à une altéra­tion aiguë ou au con­traire pro­gres­sive, chronique, de la fonc­tion rénale. Les insuff­i­sances rénales aiguës peu­vent relever d’une prise en charge ini­tiale en réan­i­ma­tion poly­va­lente, lorsque la dial­yse doit être démar­rée en urgence et/ou en cas de défail­lance vis­cérale grave asso­ciée. Les sit­u­a­tions chroniques relèvent exclu­sive­ment d’une prise en charge diag­nos­tique et thérapeu­tique dans notre ser­vice. Nous avons égale­ment une bonne exper­tise dans l’évaluation et le traite­ment des hyper­ten­sions artérielles sévères, com­pliquées, résis­tantes au traite­ment. Enfin et surtout, nous sommes respon­s­ables de la pro­gram­ma­tion et de la con­duite des traite­ments de sup­pléance au stade ter­mi­nal de l’insuffisance rénale : la dial­yse et la trans­plan­ta­tion rénale.

Quel est le rôle du néphro­logue ?

Dr Michel Dela­housse : Il doit d’abord con­tribuer à la préven­tion et au dépistage des mal­adies rénales par des inter­ven­tions régulières d’information auprès des autres médecins, spé­cial­istes et général­istes. La plu­part des mal­adies rénales sont en effet totale­ment silen­cieuses, asymp­to­ma­tiques. Leur dépistage pré­coce repose sur la mesure régulière de la pres­sion artérielle et sur la recherche, dans un échan­til­lon d’urine, d’albumine ou de sang, à l’aide d’une ban­delette réac­tive. Ces gestes sim­ples doivent être pro­posés lors des vis­ites de médecine sco­laire, de médecine du tra­vail ou lors des con­sul­ta­tions de médecine générale. Chez cer­tains sujets iden­ti­fiés comme « à risque élevé de mal­adie rénale chronique », s’y ajoute le dosage san­guin, au min­i­mum annuel, d’un mar­queur de la fonc­tion de fil­tra­tion des reins : la créa­ti­nine, dont la con­cen­tra­tion s’élève en cas d’insuffisance rénale. Ces sit­u­a­tions à risque sont nom­breuses et très divers­es : hyper­ten­sion artérielle, dia­bète, obésité mor­bide, patholo­gies car­dio­vas­cu­laires, mal­adies sys­témiques auto-immunes, mal­adies du sang, patholo­gies des voies uri­naires, traite­ments médica­menteux poten­tielle­ment néphro­tox­iques.

Com­ment le diag­nos­tic d’une mal­adie rénale se pose t‑il ?

Dr Michel Dela­housse : Le diag­nos­tic pré­cis d’une mal­adie rénale requiert sou­vent des tests biologiques sophis­tiqués disponibles en milieu hos­pi­tal­ier et néces­site par­fois l’examen his­tologique d’un frag­ment de tis­su rénal, prélevé au cours d’une biop­sie rénale tran­scu­tanée. Ce diag­nos­tic per­met au néphro­logue de définir les traite­ments sus­cep­ti­bles de guérir ou de ralen­tir la pro­gres­sion vers l’insuffisance rénale. Cela peut aller du sim­ple traite­ment d’une hyper­ten­sion, d’un dia­bète, d’une infec­tion, jusqu’à l’utilisation de chimio­thérapies immuno­sup­pres­sives ou des bio­thérapies ciblées les plus récentes. Enfin, lorsque la pro­gres­sion de la mal­adie rénale n’a pu être enrayée et que l’insuffisance rénale pro­gresse, le néphro­logue choisit en temps voulu et en accord avec le patient le traite­ment de sup­pléance le plus appro­prié, et abor­de sans tarder avec lui les dif­férentes modal­ités de trans­plan­ta­tion.

Par­mi les caus­es de l’insuffisance rénale, que trou­ve-t-on ?

Dr Michel Dela­housse : On trou­ve quelques mal­adies rénales dites « prim­i­tives », c’est-à-dire lim­itées à cet organe, d’origine géné­tique, comme, par exem­ple, la polykys­tose rénale auto­somique dom­i­nante, qui con­cerne en France 1 nais­sance sur 1 000, ou dysim­mu­ni­taires au sens large du terme. Mais les reins, peut-être en rai­son de leur irri­ga­tion san­guine con­sid­érable (un cinquième du débit car­diaque !), sont vul­nérables à un très grand nom­bre d’agressions poten­tielles, aux­quelles nous avons déjà fait allu­sion (cf. supra « sit­u­a­tions à risque »). Aujourd’hui, les caus­es les plus fréquentes d’insuffisance rénale sont le dia­bète, l’hypertension artérielle et les mal­adies du sys­tème car­dio­vas­cu­laire en général, à com­mencer par le vieil­lisse­ment artériel. Il faut égale­ment citer la néphro­tox­i­c­ité de très nom­breux médica­ments, d’utilisation courante, comme les anti-inflam­ma­toires non stéroï­di­ens, ou plus ciblée, comme, par exem­ple, en oncolo­gie.

Quelle est l’offre de soins pro­posée par votre ser­vice ?

Dr Michel Dela­housse : Toutes les méth­odes diag­nos­tiques sont bien enten­du disponibles dans le ser­vice. Dans un hôpi­tal comme le nôtre, nous avons un accès qua­si illim­ité aux traite­ments les plus récents, comme les bio­thérapies, ou d’organisation com­plexe, comme les échanges plas­ma­tiques et l’immunoadsorption. Nous dis­posons d’une unité d’hémodialyse chronique dite « lourde » de 12 postes, qui accueille 6 jours sur 7 les patients poly­pathologiques les plus frag­iles ou les plus dépen­dants. Par con­ven­tion avec l’AURA (Asso­ci­a­tion pour l’utilisation du rein arti­fi­ciel en Île-de-France), l’Hôpital Ambroise-Paré et la Clin­ique Ambroise-Paré de Neuil­ly-sur-Seine, nous met­tons à dis­po­si­tion des autres patients des modal­ités de dial­yse moins con­traig­nantes, en dehors de l’hôpital : l’autodialyse, et surtout, lorsque la sit­u­a­tion le per­met, à domi­cile, la dial­yse péri­tonéale con­tin­ue ambu­la­toire et l’hémodialyse quo­ti­di­enne courte.

Dans quels cas pro­posez-vous une greffe rénale à vos patients ?

Dr Michel Dela­housse : Sauf con­tre-indi­ca­tions (elles sont rares, aujourd’hui), la greffe rénale doit être pro­posée à tous les patients atteints d’insuffisance rénale avancée, sans atten­dre le stade de la dial­yse, en rai­son de ses résul­tats très favor­ables en ter­mes de qual­ité de vie et d’espérance de vie. L’Hôpital Foch a été l’un des tout pre­miers étab­lisse­ments de san­té à s’y con­sacr­er en France, avec les pro­fesseurs René Küss, uro­logue, et Mar­cel Legrain, néphro­logue, pio­nniers de cette spé­cial­ité au début des années 60. C’est encore aujourd’hui un axe stratégique pri­or­i­taire pour l’hôpital. Une cen­taine de greffes rénales sont réal­isées chaque année en syn­ergie avec nos col­lègues uro­logues. En dehors de l’Assistance publique, l’Hôpital Foch est le seul étab­lisse­ment en Île-de-France à pro­pos­er ce traite­ment. Une pri­or­ité est don­née à la réal­i­sa­tion de greffes à par­tir de don­neurs vivants, et de greffes com­pliquées sur le plan immunologique, greffes ABO et/ou HLA incom­pat­i­bles, grâce au sup­port de l’unité de plasmaphérèse de l’hôpital pour la pré­pa­ra­tion immunologique des receveurs et, le cas échéant, le traite­ment adap­té des épisodes de rejets.

Vous faites par­tie du Paris Trans­plant Group, un groupe de réflex­ion et d’expertise de renom­mée inter­na­tionale sur la trans­plan­ta­tion rénale. Sur quelles thé­ma­tiques por­tent vos derniers travaux ?

Dr Michel Dela­housse : Le Paris Trans­plant Group est né de l’initiative d’un néphro­logue de l’Hôpital Neck­er, le Dr Alexan­dre Loupy, et de la col­lab­o­ra­tion de trois ser­vices de trans­plan­ta­tion rénale en Île-de-France : ceux de l’Hôpital Neck­er, de l’Hôpital Saint-Louis et de l’Hôpital Foch. D’autres l’ont rejoint depuis. Nous avons eu ain­si la pos­si­bil­ité de par­ticiper aux recherch­es les plus inno­vantes dans le domaine de la trans­plan­ta­tion, et à des pub­li­ca­tions de très haut niveau. Ces recherch­es néces­si­tent en effet de tra­vailler sur un très grand nom­bre d’informations. En nous appuyant sur l’explosion des don­nées numériques, autrement dit, le big data, nous met­tons nos con­nais­sances et nos infor­ma­tions en com­mun, dans le but d’étendre la com­mu­ni­ca­tion entre les spé­cial­istes de tous pays, et de généralis­er les résul­tats de ces recherch­es. L’un des prin­ci­paux axes de recherche a ain­si abouti à une meilleure com­préhen­sion des mécan­ismes impliqués dans une forme grave et fréquente de rejet, le rejet humoral médié par des anti­corps dévelop­pés con­tre le don­neur.

Une chaire uni­ver­si­taire de trans­plan­ta­tion d’organes a récem­ment été créée à l’Hôpital Foch. De quoi s’agit-il ?

Dr Michel Dela­housse : Cette chaire per­met des col­lab­o­ra­tions, que nous espérons tout aus­si fructueuses, notam­ment avec le ser­vice d’immunologie et de trans­plan­ta­tion du CHU de Nantes. Par exem­ple, dans le cadre de cette chaire, nous avons décrit pour la pre­mière fois, dans deux pub­li­ca­tions de niveau inter­na­tion­al, l’impact très favor­able de la greffe rénale à par­tir de don­neurs vivants sur les pro­priétés mécaniques et struc­turales des artères du receveur.

Équipe médicale

  • DrMichelDELAHOUSSEChef de service - Néphrologie, Transplantation, Dialyse, Hypertension artérielle
  • DrAlbaneBRODIN-SARTORIUSResponsable du secteur d'hospitalisation conventionnelle - Néphrologie, Transplantation, Hypertension artérielle
  • DrAlexandreEBELCoresponsable de l'hôpital de jour - Néphrologie, Suivi post-transplantation
  • DrChristianHIESSEResponsable de la gestion de la liste d’attente de transplantation - Néphrologie, Transplantation, Consultations pré-greffe
  • DrArwaJALAL EDDINESecteur d'hospitalisation - Néphrologie, Transplantation, Hypertension artérielle
  • DrNiloufarKOSSARICoresponsable de l’hôpital de jour - Néphrologie, Suivi post-transplantation
  • DrGaëllePELLEResponsable de l’unité d’hémodialyse chronique
  • DrLeilaTRICOTNéphrologie, Dialyse, Transplantation, Hypertension artérielle
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