Quelle est la différence entre le test PCR (prélèvement par le nez) et le test sérologique (prélèvement sanguin) ? Lequel est le plus fiable ? Quand faire l’un plutôt que l’autre ?

Publié le 4 juin 2020

COVID-19

Quelle est la différence entre le test PCR (prélèvement par le nez) et le test sérologique (prélèvement sanguin) ?
Lequel est le plus fiable ? Quand faire l’un plutôt que l’autre ? 

Professeur Marc VASSE
______

Chef du ser­vice de biolo­gie clinique

Le test PCR per­met de rechercher directe­ment le virus. Sa pos­i­tiv­ité mon­tre que le patient est en phase active de la mal­adie, et est poten­tielle­ment con­tagieux pour son entourage.

Les tests sérologiques per­me­t­tent de mon­tr­er que le sujet a été por­teur du virus. En général, des anti­corps de type IgM sont retrou­vés à la fin de la pre­mière semaine d’ap­pari­tion des signes clin­iques, les IgG appa­rais­sant plus tar­di­ve­ment, le plus sou­vent à la fin de la deux­ième semaine, toute­fois, cela sem­ble très vari­able d’un indi­vidu à l’autre. Chez cer­tains patients, l’ap­pari­tion de ces anti­corps est bien plus tar­dive (jusqu’à 6 semaines). 

Les tests sérologiques sont donc utiles chez des patients qui décrivent un tableau clin­ique sug­gérant qu’ils ont fait une COVID-19, chez lesquels la PCR était néga­tive, car faite trop pré­co­ce­ment ou trop tar­di­ve­ment. Comme pré­cisé par la Haute Autorité de San­té, les tests sérologiques appor­tent un com­plé­ment d’in­for­ma­tion qui peut être utile pour la prise en charge des patients présen­tant ou ayant présen­té des signes clin­iques évo­ca­teurs de COVID-19 . Par con­séquent, l’u­til­i­sa­tion de ces tests doit être raison­née et dis­cutée au cas par cas. Le Jour­nal Offi­ciel du 28 mai 2020 exige d’ailleurs qu’une fiche de ren­seigne­ments, pré­cisant la date des signes clin­iques et la réal­i­sa­tion ou non d’un test PCR, avec le résul­tat éventuel, soit rem­plie avec la demande de sérolo­gie SARS-CoV­‑2 (nom du virus respon­s­able de la COVID-19). Ces infor­ma­tions sont néces­saires pour la prise en charge des tests sérologiques par l’As­sur­ance Maladie . 

Enfin, on ne sait pas formelle­ment si les anti­corps détec­tés par ces sérolo­gies sont pro­tecteurs, c’est-à-dire s’ils empêchent une nou­velle infec­tion par le SARS-CoV­‑2, et com­bi­en de temps ils per­sis­tent. Avoir une sérolo­gie pos­i­tive à SARS-CoV­‑2 ne doit donc pas être con­sid­éré comme un “passe­port” per­me­t­tant de s’af­franchir des gestes “bar­rières” ni du port du masque en collectivité. 

À voir aussi

Rechercher
Generic filters
Exact matches only