Publié le 19 octobre 2020

Le ser­vice des urgences de l’Hôpital Foch a dévelop­pé un nou­veau pro­to­cole de prise en charge ambu­la­toire des pneu­moth­o­rax. Présen­ta­tion de cette pra­tique médicale.

Organ­i­sa­tion de la nou­velle prise en charge des pneu­moth­o­rax au SAU

Le pneu­moth­o­rax est une patholo­gie clas­sique chez les patients jeunes.

À ce jour, nous n’avons pas de recom­man­da­tions offi­cielles des sociétés savantes, pas d’étude, pas de com­para­i­son avec d’autres méth­odes. Mais nous savons qu’il existe une grande diver­sité dans les pris­es en charge de cette patholo­gie. Seuls les experts bri­tan­niques dis­posent de con­nais­sances et de recom­man­da­tions sur ce sujet.

Notre pro­to­cole répond à un tra­vail pluridis­ci­plinaire partagé avec les ser­vices de chirurgie tho­racique, de pneu­molo­gie, des urgences et de réanimation.

Dans le passé, l’hospitalisation durait plusieurs jours, un drain volu­mineux était inséré dans la paroi, et les équipes médi­cales attendaient la réex­pan­sion du poumon.

Toute­fois, nous avons con­staté que l’hospitalisation n’apportait aucune valeur ajoutée pour le patient.

Aujourd’hui, nous util­isons un drain beau­coup plus fin.

Notre objec­tif : que les patients puis­sent ren­tr­er à leur domi­cile le jour même.

L’ambulatoire est nova­teur pour cette patholo­gie, mais ce mode de prise en charge reste isolé.

La pra­tique médicale

Les patients peu­vent être adressés aux urgences par leur médecin. Une éval­u­a­tion est réal­isée avec des critères d’inclusion :

  • pneu­moth­o­rax uni­latéral spon­tané idiopathique (sur poumon sain) ;
  • pneu­moth­o­rax bien toléré.

La tech­nique

Mise en place d’un drain de Furhman, aus­si appelé « drain en queue de cochon ». Nous l’utilisons pour sa forme en boucle, il s’insère facile­ment dans la plèvre, est moins trau­ma­tique pour le poumon, et se fixe à la peau avec un point de suture. Son sys­tème de valve anti­re­tour per­met à l’air d’être expul­sé de la cav­ité tho­racique, tout en l’empêchant de rentrer.

La prise en charge est assistée par la radiologie.

L’air n’est pas aspiré, c’est moins trau­ma­tique et plus doux. Cette tech­nique lim­ite les œdèmes de réex­pan­sion (si poumon com­primé) en évac­uant l’air plus lentement.

Les patients sont con­vo­qués à J2 pour véri­fi­ca­tion et imagerie. Deux cas de figure :

  1. Si le poumon s’est rec­ol­lé à sa paroi, on sup­prime le drain.
  2. Si le poumon n’est pas rec­ol­lé à sa paroi, le patient est con­vo­qué à nou­veau à J4.

À J4, si le poumon est tou­jours décol­lé de la paroi, nous pro­gram­mons une chirurgie dans les jours qui suivent.

À un mois, nous réal­isons une con­sul­ta­tion avec scan­ner tho­racique pour rechercher des fac­teurs favorisant un pneu­moth­o­rax et pour étudi­er le poumon sous-jacent.

Il en découle :

  • une dis­cus­sion sur une éventuelle chirurgie préventive ;
  • une EFR et le dépistage d’un éventuel asthme asso­cié à un pneumothorax.
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