Publié le 26 mai 2021

Par le Pr Antoine MAGNAN, chef de ser­vice de pneu­molo­gie à l’Hôpital Foch.

L’asthme est une mal­adie chronique des voies aéri­ennes, qui touche env­i­ron 4 mil­lions de per­son­nes en France. Son inci­dence aug­mente pro­gres­sive­ment, notam­ment chez les plus jeunes. Chaque année en France, cette mal­adie bronchique est respon­s­able d’environ 60 000 hos­pi­tal­i­sa­tions et de près de 1 000 décès. 

La prise en charge de l’asthme aujourd’hui est de plus en plus per­son­nal­isée, grâce à l’utilisation de nom­breux out­ils diag­nos­tic et des options thérapeu­tiques variées.

L’asthme doit être « phéno­typé ». En effet on dis­tingue plusieurs formes d’asthme, selon le type d’inflammation en présence.  Le diag­nos­tic allergique en par­ti­c­uli­er, avec la réal­i­sa­tion de tests cutanés aller­gologiques doit être sys­té­ma­tique au début de la prise en charge de l’asthmatique. L’allergie est la forme éti­ologique la plus fréquente de l’asthme.

Par ailleurs l’analyse et la prise en compte des comor­bid­ités sont néces­saires à la prise en charge per­son­nal­isée, avec prin­ci­pale­ment l’obésité, le syn­drome d’apnée du som­meil, le reflux gas­tro œsophagien, la rhi­no sinusite ou la poly­pose nasosinusienne.

D’autres élé­ments doivent être pris en compte au cas par cas dans cette prise en charge per­son­nal­isée. Le tabac par exem­ple, est un fac­teur aggra­vant ou un fac­teur déclen­chant des symp­tômes chez l’asthmatique. 30% des asth­ma­tiques fument. Il faut con­sid­ér­er à part l’asthme du fumeur, car toutes les études sur les essais thérapeu­tiques ont été réal­isées sur des asth­ma­tiques non-fumeurs. Il est dif­fi­cile dès lors de savoir si les médica­ments auront ou non la même effi­cac­ité que chez les non-fumeurs, et les études en vie réelle ten­dent à mon­tr­er que ce n’est pas le cas. Cela fait par­tie de la per­son­nal­i­sa­tion de la prise en charge : on essaie des traite­ments, on les éval­ue soigneuse­ment patient par patient et le cas échéant on change. De plus, l’asthmatique fumeur peut dévelop­per une deux­ième mal­adie, la BPCO qui aggrave le hand­i­cap res­pi­ra­toire et com­plex­i­fie encore le traitement.

Pour résumer, la per­son­nal­i­sa­tion de la prise en charge de l’asthme prend en compte le diag­nos­tic allergique, les comor­bid­ités, les par­tic­u­lar­ités de l’asthmatique comme le tabag­isme et enfin les dif­férents traitements.

Les traite­ments :

La cor­ti­cothérapie inhalée a large­ment prou­vé son effi­cac­ité et con­stitue la base du traite­ment de fond.  Sa per­for­mance est prou­vée sur l’amélioration du con­trôle de l’asthme (diminu­tion des symp­tômes quo­ti­di­ens), sur la préven­tion des crises et des exac­er­ba­tions et sur le déclin de la fonc­tion res­pi­ra­toire. Les cor­ti­coïdes inhalés sont le plus sou­vent admin­istrés en asso­ci­a­tion avec des bron­chodi­lata­teurs de longue durée d’action.  

Les recom­man­da­tions actuelles pro­posent l’utilisation de ces asso­ci­a­tions de cor­ti­coïdes inhalée aux bron­chodi­lata­teurs de longue durée d’action à la fois en traite­ment de fond et en traite­ment des symp­tômes.

Cette propo­si­tion est de plus en plus recom­mandée et util­isée. L’avantage est de per­me­t­tre aux malades d’avoir un seul dis­posi­tif pour leur traite­ment de fond et leur traite­ment à la demande. Cette solu­tion est intéres­sante pour l’observance mais ce n’est pas général­is­able à tous les patients, et cer­tains préfèrent con­tin­uer à dis­soci­er leur traite­ment de fond de la prise de ven­to­line en cas de symp­tômes : C’est une déci­sion partagée entre le médecin et son patient.

 Il faut garder la pos­si­bil­ité des autres options : avec un traite­ment de fond et un traite­ment à la demande dif­férent : ceci ren­tre dans la médecine per­son­nal­isée de l’asthme.

« Chaque patient est dif­férent, un par­cours de soins dif­férent doit être pro­posé à chaque patient »

A l’Hôpital Foch, nous pro­poserons bien­tôt une prise en charge com­plète des asth­ma­tiques sévères, de la réal­i­sa­tion des tests cutanés à l’étude de l’inflammation par expec­to­ra­tion induite et mesure du NO expiré jusqu’à l’accès aux molécules les plus inno­vantes et à la ther­mo­plas­tie, un traite­ment de l’asthme par endo­scopie interventionnelle.

Cette activ­ité de recours s’accompagne d’une activ­ité de recherche de haut niveau : recherche clin­ique avec pos­si­bil­ité d’essais thérapeu­tiques et de par­cours de soins inno­vants, recherche fon­da­men­tale avec la pos­si­bil­ité d’explorer l’inflammation des bronch­es de façon non inva­sive grâce à l’analyse du sang, des cel­lules des expec­to­ra­tions et des com­posants de l’air expiré.

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