Présentation du passe sanitaire obligatoire pour tout accès à l’hôpital (hors urgences)

Dr Catherine Nizou, cheffe du service d’endoscopie digestive

Publié le 23 mars 2021

Troisième can­cer le plus fréquent, le can­cer du côlon tue près de 18 000 per­son­nes chaque année en France. Expli­ca­tions sur le dépistage par le doc­teur Cather­ine Nizou, cheffe du ser­vice d’endoscopie diges­tive à l’Hôpital Foch.

Avez-vous un mes­sage à trans­met­tre aux médecins de ville, notam­ment con­cer­nant les critères d’éligibilité au test de dépistage du can­cer du côlon ?

Doc­teur Cather­ine Nizou : Lorsque vous recevez un patient qui vient vous sol­liciter pour la remise d’un test de dépistage, il est impor­tant que vous vous assuriez qu’il appar­tient à la pop­u­la­tion cible des 50–74 ans, sans mal­adie géné­tique famil­iale ni antécé­dents famil­i­aux de can­cer col­orec­tal ou de polype. Il s’agit d’une pop­u­la­tion asymp­to­ma­tique qui vient pour un test de dépistage. Il est impor­tant qu’un max­i­mum de per­son­nes par­ticipent à ce dépistage puisqu’il réduit l’incidence du can­cer du côlon. En cas de polype, la polypec­tomie per­met d’arrêter le proces­sus d’évolution naturelle vers le can­cer colorectal.

Par­lez-nous du test de dépistage colorectal ?

Doc­teur Cather­ine Nizou : Le test immunologique est sen­si­ble, spé­ci­fique, de réal­i­sa­tion facile, dénué de risque et peu onéreux. Il repose sur la détec­tion de la présence d’anticorps mon­o­clonaux ou poly­clonaux spé­ci­fiques de la par­tie glo­bine de l’hémoglobine humaine dans les sell­es. Le pre­mier signe d’anomalie est effec­tive­ment la présence de sang dans les sell­es, car les polypes supérieurs à 2 cm et les can­cers génèrent en général un épisode heb­do­madaire de saigne­ments. Le test immunologique va donc en pre­mier lieu rechercher cette trace éventuelle de sang. Le prélève­ment peut être réal­isé par le patient à son domi­cile puis envoyé au lab­o­ra­toire. S’il s’avère posi­tif, une colo­scopie est réalisée.

Quel est le risque d’avoir un can­cer du côlon en cas de test positif ?

Doc­teur Cather­ine Nizou : Le test sera posi­tif dans env­i­ron 4 % des cas. Cela ne sig­ni­fie absol­u­ment pas pour autant que le patient a un can­cer du côlon, mais seule­ment que du sang a été détec­té dans les sell­es. La colo­scopie va per­me­t­tre de détecter un ou plusieurs polypes dans 30 à 40 % des cas, et un can­cer dans seule­ment 8 % des cas. Dans la moitié des cas, sur ces 4 % de tests posi­tifs, la colo­scopie ne détectera aucune anomalie.

Ce qui peut expli­quer la pos­i­tiv­ité d’un test de dépistage, c’est la con­som­ma­tion quo­ti­di­enne d’aspirine ou d’anti-inflammatoires non stéroï­di­ens, car cela génère des micro-ulcéra­tions dans l’estomac ou dans l’intestin grêle, ce qui provoque des micro­saigne­ments. Par­fois, les diver­tic­ules peu­vent aus­si faire saign­er, mais il s’agit d’une autre patholo­gie du côlon, tout à fait bénigne. Enfin, con­traire­ment à ce que pensent par­fois les patients, les hémor­roïdes ne pos­i­tivent pas les tests.