Présentation du passe sanitaire obligatoire pour tout accès à l’hôpital (hors urgences)

Dr Grégoire De Courville, chirurgien viscéral

Publié le 21 janvier 2021

Avec plus de 50 000 inter­ven­tions chaque année en France, la chirurgie baria­trique est con­sid­érée comme le seul traite­ment effi­cace de classe III per­me­t­tant une nette amélio­ra­tion de la qual­ité de vie pour de nom­breux patients. 

Entre­tien avec le Dr Gré­goire de Courville qui évoque le développe­ment de l’activité de chirurgie baria­trique au sein du ser­vice de chirurgie diges­tive de l’Hôpital Foch.

Présen­tez-nous votre activ­ité de chirurgie baria­trique au sein du ser­vice de Chirurgie digestive.

L’activité baria­trique est née il y a main­tenant deux ans, avec la mise en place de tout un par­cours par une équipe pluridis­ci­plinaire. Ce par­cours est inté­grale­ment réal­isé à l’Hôpital Foch, avec un suivi préopéra­toire, comme le recom­mande la Haute Autorité de san­té (HAS), d’au moins 6 mois avant une inter­ven­tion chirur­gi­cale. Ce suivi est assuré par deux chirurgiens baria­triques au sein du ser­vice, le Dr Frédéric Kan­so et moi-même, ain­si que par une équipe de nutri­tion­nistes, psy­chi­a­tres, psy­cho­logues, diététi­ci­ennes, en coopéra­tion avec l’équipe d’anesthésie, bien sûr, pour éval­uer les patients avant l’opération.

Nous réal­isons plusieurs inter­ven­tions, notam­ment la sleeve gas­trec­tomie, qui est actuelle­ment la chirurgie la plus réal­isée en France, et le bypass gas­trique en Y. Nous ne réal­isons pas d’anneau, car, actuelle­ment, l’expérience en France mon­tre qu’il est source de plus d’échecs que les autres interventions.

Quelles sont les indi­ca­tions à la chirurgie baria­trique et les comor­bid­ités sus­cep­ti­bles d’être améliorées après l’intervention ?

Un traite­ment médi­cal, nutri­tion­nel, diété­tique, au sein d’une équipe habituée à la prise en charge de l’obésité, doit être réal­isé en pre­mière inten­tion. La chirurgie baria­trique n’est envis­agée qu’en cas d’échec de ce traite­ment au terme d’un an env­i­ron. Par ailleurs, les indi­ca­tions en sont assez sim­ples, elles sont validées par la HAS, et nous devons nous y tenir. Il s’agit d’un IMC supérieur à 40, ou supérieur à 35 chez des patients qui auraient des comor­bid­ités de l’obésité, notam­ment l’hypertension artérielle, le dia­bète de type II, les com­pli­ca­tions hépa­tiques (NASH, stéatose) la dys­lipidémie, le syn­drome d’apnée du som­meil, ou encore les mal­adies ostéo-artic­u­laires inval­i­dantes comme les douleurs de genou, de cheville, etc.

Vous accordez un soin par­ti­c­uli­er au suivi postopéra­toire de vos patients. Com­ment procédez-vous ?

Le suivi après cette chirurgie est un peu le talon d’Achille de la prise en charge, puisqu’on sait main­tenant qu’au-delà de deux ans seule­ment 50 % des patients sont encore suiv­is. Ce n’est pas tou­jours un défaut de suivi de la part d’une équipe médi­cale. Ce sont par­fois des patients qui ont envie d’oublier leur anci­enne mal­adie et qui ne veu­lent plus enten­dre par­ler des médecins ou de l’hôpital, ce qui peut se comprendre.

Nous sommes donc très vig­i­lants sur ce point. Nous avons un par­cours de suivi postopéra­toire très pro­to­col­isé avec des con­sul­ta­tions chirur­gi­cales, nutri­tion­nelles et diété­tiques, et un plan­ning don­né au patient dès l’intervention. À chaque con­sul­ta­tion, nous fixons le ren­dez-vous suiv­ant, ce qui per­met de lim­iter les « per­dus de vue ». Nous avons aus­si un sys­tème de rap­pel de ces per­dus de vue, en faisant le point chaque année sur les patients opérés. Sont-ils venus à la con­sul­ta­tion ? Si ce n’est pas le cas, nous les rap­pelons, pour insis­ter sur l’importance du suivi.

Le suivi doit être fait à vie. Il est plus dense au début, avec des ren­dez-vous rap­prochés (qua­tre ren­dez-vous chirur­gi­caux la pre­mière année), puis espacés peu à peu (deux ren­dez-vous la deux­ième année, puis un ren­dez-vous annuel) en l’absence de prob­lèmes (carence nutri­tion­nelle, com­pli­ca­tion chirurgicale).

Vous assurez la chirurgie baria­trique avec assis­tance robot. Vous développez aus­si la chirurgie robo­t­ique pour dif­férentes inter­ven­tions comme les hernies hiatales ou encore les can­cers de l’estomac. Quels béné­fices en tirez-vous dans votre pratique ?

C’est un out­il chirur­gi­cal très intéres­sant, puisqu’il per­met une chirurgie mini-inva­sive, au même titre que la cœlio­scopie, mais avec un con­fort sup­plé­men­taire pour le chirurgien en matière de qual­ité de dis­sec­tion et de vision 3D. Cela donne vrai­ment l’impression d’évoluer à l’intérieur de l’abdomen. Nous avons une image mag­nifiée, des out­ils de dis­sec­tion avec des artic­u­la­tions pour pou­voir utilis­er les instru­ments dans les trois plans de l’espace. Nous arrivons à faire des choses qui sont dif­fi­ciles à réalis­er avec la cœlio­scopie, aujourd’hui.

Les indi­ca­tions de cette tech­nolo­gie doivent donc mal­gré tout être pesées, et son util­i­sa­tion, réservée aux chirur­gies com­plex­es. Par exem­ple, en chirurgie baria­trique, pour les bypass, en par­ti­c­uli­er chez des patients qui ont déjà été opérés une pre­mière fois, nous aurons besoin de tous les avan­tages du robot.

Con­tact :

Dr Gré­goire de Courville : g.de-courville@hopital-foch.com

Secré­tari­at (Karine Nico­las) : 01 46 25 25 97